mardi 14 octobre 2008
San Salvador Jour 1
Aujourd'hui, j'ai réellement commencé mon travail de recherches sur les Maras. A 8h pétantes, j'étais à Fundasalva, un organisme qui aide les jeunes drogués à se désintoxiquer. Ils travaillent avec toutes sortes de personnes, et les pandilleros (gangsters) ne sont pas vraiment leur "cible". Le contact n'était donc pas fameux. J'ai ensuite filé à l'autre bout de la ville à Santa Elena pour rencontrer Vladimir Lara, le chef de la photographie du journal "La Prensa Grafica". Il m'a orienté vers une de ses collaboratrices, Nubia Ribas (qui a d'ailleurs remporté le premier prix de l'Alliance Française pour venir tous frais payés en France pour le festival de photojournalisme Visa Pour l'Image - Elle a travaillé pendant trois ans à reporter tous les assassinats de la ville, un travail un peu macabre, mais qui l'enchantait!). Elle m'a donné pas mal de contacts et je suis resté au journal sur internet et au téléphone jusqu'à 13h30 pour voir ce qui était possible de faire, en couplant les nouveaux contacts avec ceux que j'avais pu trouver préalablement.
J'ai conclu un rendez-vous avec Mauricio Castro qui travaille dans le quartier de Las Palmas, un quartier sous le contrôle du gang de la Mara 18. Il bosse avec les jeunes pour les réinsérer, mais l'association manque malheureusement de fonds... Il m'a fait visiter le quartier. J'ai pu faire des photos. Il m'a expliqué davantage son travail et la situation. Vers 17h, nous sommes allés voir un autre contact : le Père Pepe, qui est un espagnol qui travaille également avec des jeunes, mais ce coup-ci des membres de la Mara Salvatrucha, bande très rivale de la Mara 18 dans le quartier de la Iberia. Mauricio m'a gentiment accompagné dans ce quartier bien tendu. El Padre Pepe m'a un peu plus décrit ce phénomène très délicat des Maras.
Les Maras sont des jeunes qui ont été renvoyés des Etats-Unis. Ils vénèrent le diable, la terreur, et ceci est leur pouvoir. La situation est réellement très complexe. Jusqu'à aujourd'hui, il n'y a pas d'explication scientifique ou sociale à ce phénomène et on suspecte le gouvernement d'être en dessous (ou en dessus) de tout cela. Rien n'est fait pour unir les bonnes volontés qui travaillent avec ces jeunes, au contraire, on évite qu'ils puissent communiquer entre eux. Le gang, ou la mafia, des Maras fonctionne en hiérarchie pyramidale. Pour faire quoique ce soit, il faut donc demander l'autorisation au Leader qui est en prison. Celui-ci a un téléphone portable. Il y a surement un autre chef au-dessus de lui. Le père Pepe m'a répété plusieurs fois que les Maras n'ont rien à voir avec une bande classique, comme celles que j'ai pu connaître au Mexique (ce sont des rigolos à côté). Ils sont bien pires et se mettre dedans peut engendrer beaucoup de complications. Il m'a assuré que si je voulais faire des recherches sur le sujet, politiques comme pandilleros m'utiliseraient pour brouiller les pistes. Il s’agirait d’un mouvement de grande échelle où même de grandes personnalités sont mouillées. Il y a aussi quelque chose de bizarre : sur certaines photos d'Isabelle Muñoz réalisées en prison, on peut voir de tatoué l'inscription "13 Sur", sur certains des deux gangs différents (18 ou MS13). Pourquoi ? Si un membre de la 18 mentionne le chiffre 13, il est très mal (mort), et vis et versa. Autre chose, en observant les tatouages photographiés, on peut voir beaucoup d'allusions au diable (pas la Santa Muerte qui est un « joujou », mais bel et bien le Diable) et le fait d'en être enchaîné. La photographe est maintenant recherchée par les Maras et se trouve en danger de mort. Il m'a aussi assuré que ce mouvement n'est pas dû á la guerre civile, aux familles explosées, mais provient bel et bien des Etats-Unis. Il y a donc des choses étranges là-dessous. Allez voir le reportage de Discovery Channel sur You Tube: il ne représente pas la réalité. Les jeunes ont roulés les journalistes qui ont voulu faire leur travail rapidement en ne racontant que des bêtises. Le personnel de Discovery Channel n'avait pas demandé l'autorisation aux grands chefs, mais avait juste offert deux caméras numériques aux jeunes du quartier.
Voilà les informations que j'ai pu obtenir aujourd'hui à chaud. Etant allé faire un tour au cyber, j'ai préféré les noter directement pour être sûr de garder une trace. Mais je ne pense pas le publier aujourd'hui, par simple mesure de sécurité. Demain, je retrouve Mauricio à 8h. Nous irons demander une autorisation pour pouvoir rentrer dans les prisons de la ville, puis nous irons dans un centre de réhabilitation pour drogués dans le centre ville et nous reviendrons au quartier de Las Palmas pour qu'il me fasse un historique un peu plus complet sur les Maras et pour peut-être rencontrer les jeunes du quartier.
Ici au Salvador, c'est tolérance zéro avec les Maras. Si un jeune porte un tatouage, même s'il est en cours de réintégration sociale, il va directement à la prison. Il y a deux ou trois ans, le quartier de Las Palmas comptait environ 40 membres du gang 18. 39 ont été mis en prison, les peines allant de 20 à 70 ans (cette action est une véritable bombe à retardement...). Il n'en est resté qu'un et celui-ci s'est chargé de recruter une vingtaine de nouveaux membres. En se promenant dans le quartier, on ne voit plus de graffitis (ou quelques-uns discrets) vantant la 18, par loi anti-pandilleros de l'Etat. Tout le quartier a été nettoyé, mais quelques-uns subsistent...
Au quartier de la Iberia, comme je le disais précédemment, ce sont les MS (Mara Salvatrucha) qui maîtrisent le territoire. On peut encore voir dans le quartier beaucoup de plaques de la MS. L'Etat y est encore en cours de "nettoyage". Ce que me disait le Père Pepe, c'est que ce sont d'autres pandilleros de la MS13 qui viennent garder le territoire, étant donné que les autres jeunes sont en prison.
Bref, aujourd'hui aura été riche en émotions ! On peut dire que j'aurai eu de la chance et j'espère que cela continuera. A voir que ce me réservera le jour de demain, pero siempre con cuidado...
A plus,
Peff
lundi 13 octobre 2008
El Salvador
Ca y est, je suis maintenant au Salvador. Je tenais à remercier Rudy qui m'a hébergé pendant une semaine au Guatemala. Je loge maintenant chez Miguel, toujours par Hospitality Club, et je pense rester à la capitale jusqu'à samedi ou dimanche. J'aurai donc 5 jours intensifs pour traiter le thème des Maras, ce qui est très peu. J'espère que les contacts que j'ai pu nouer me seront d'une aide précieuse.
Hola!
Ya estoy en El Salvador. Queria agradecer Rudy que me hospedo durante una semana en Guatemala. Ya estoy en la casa de Miguel, todavia encontrado por Hospitality Club. Pienso quedar aqui una semana hasta el sabado o domingo. Tendrè entonces 5 dias intensivos para tratar el tema de los Maras, lo que es muy poco. Espero entonces que los contactos que he encontrados me ayudaran bien.
Pueden ver arriba una foto de la catedral de San Salvador. El centro de la ciudad me hace recordar el barrio de Tepito de Mexico DF, pero en más grande, con sus numerosos vendedores ambulantes, su trafico intense, su ruido, su contaminacion y su pequeño sentimiento de inseguridad... La ciudad ensena gran contrastes entre el centro de la ciudad caotico y los varios centros comerciales muy grandes a la americana. Todavia no he visto a los barrios populares y ojala los vere prontito.
Et aujourd'hui, j'ai passé ma journé à bosser sur l'ordinateur pour trier mes dernières photos du Guatemala, écrire les portraits et mettre à jour le blog. La mer n'est qu'à 40 minutes de bus, il fait grand soleil et très chaud, mais bon tant pis... Il faut que je sois à jour pour commencer mon nouveau reportage sur les Maras.
Bienvenidos a Dios
Encontré este lunes a Antigua Guatemala un grupo de jóvenes norte-americanos evangelistas. Michael, el coordinador del grupo, me invitó a acompañarlos el jueves para encontrar ex-pandilleros. Entonces, en la tarde del jueves, nos fuimos a dos barrios populares de la Ciudad de Guatemala para “enseñar los pasos de Dios”.
Le premier lieu d’intervention était une maison de réhabilitation pour jeunes qui ont consommé beaucoup de drogues. Beaucoup d’entre-eux ont un passé pénitential pour homicide. Beaucoup ont fait parti de bandes comme les fameux MS 13 ou les 18. Il s’agissait donc de ma première approche avec des jeunes bien plus « hard-core » que ceux que j’avais pu rencontrer au Mexique. Ici, quand un quartier est sous l’emprise d’un gang, celui-ci demande aux commerçants, résidents, chauffeurs de bus qui passent par le quartier de payer un impôt. Si l’impôt n’est pas payé, la personne est sanctionnée d’une balle dans la tête. Les gangs pratiquent également beaucoup l’enlèvement pour toucher des rançons énormes. Ils ne font aucun état d’âme : s’ils n’ont pas ce qu’ils veulent, c’est purement et simplement la mort…
El primer lugar de intervención fue un centro de rehabilitación para jóvenes que consumieron drogas. Varios de ellos fueron en la cárcel, entre otros por matar a gente. Mucho fueron parte de bandas como los famosos MS 13 o los del 18. Fue entonces mi primer encuentro con jóvenes mucho más cabrón que los que encontré en México. Aquí, cuando un barrio está bajo del poder de una banda de pandilleros, ellos piden a los comerciantes, los habitantes y a los buses que pasan por el barrio de pagar un impuesto. Si este impuesto no está pagado, la sanción es de una bala en la cabeza. También practican el secuestro para ganar más dinero. La lógica es fácil: si no tienen lo que piden, matan…
Le second lieu était un autre quartier populaire, ce coup-ci beaucoup plus tranquille car maîtrisé par un cartel de drogue. Les américains ont aidé la construction d’une église dans une maison privée. Ils apportent la sono, les guitares et chantent des chansons su style « il n’y a que Jésus qui peut te sauver », le tout dans une bonne humeur et un rythme impressionnant. Je vous laisse ci-dessous découvrir trois portraits.
El segundo lugar fue un otro barrio popular, pero esta vez bajo el control de un cartel. Estaba entonces mucho más tranquilo porque a las cabezas del cartel, no les conviene que hay problemas y que se mete la policía. Los amigos americanos llevaron el sonido, las guitaras y cantaron canciones religiosas con la gente que estaba aquí, todo eso con una alegría impresionante. Ahora, les dejo leer tres retratos.
CARLOS
On m’appelle “le Happy du MDR (MDR = Maître du Rap du Quartier 18, qui est le nom de la bande). Je suis né à Jalapa, Guatemala. J’ai 24 ans et j’ai une copine depuis 8 mois.
A partir de 10 ans, j’ai pris goût à traîner dans la rue. On jouait au foot avec les amis. Nous étions entre 15 et 20. Nous commencions à dire que nous étions du Quartier 18. Un peu plus tard, nous ne faisions plus de sport. On allait faire la fête, on buvait, on fumait de la marijuana, du crack et toute sorte de drogue.
A 20 ans, je suis arrivé à la capitale et je me suis mis plus sérieusement dans les bandes. A partir ce moment, nous avons tué à des personnes par extorsion ou pour leur faire payer l’impôt.
On avait des embrouilles contre d’autres bandes. En général, on s’affrontait contre les MS (Mara Salvatrucha) ; nous nous étions du Barrio 18. On se cherchait pour s’entretuer et pour gagner du territoire, car le Barrio 18 était plus grand qu’il ne l’était.
Quand on rentre dans une bande, on ne peut pas en sortir, ou si c’est ton choix, on te tue. Et s’ils ne tuent pas à toi, ils tueront ta famille. En ce moment, ceux du Barrio 18 sont à ma recherche.
Mais maintenant, je peux te dire que les bandes ne sont rien. Le plus grand qui existe, c’est Dieu, parce que lui, il m’a aidé à sortir des bandes.
C’est pourquoi je te dis qu’il ne faut pas se mettre dans les bandes car cela ne t’apportera rien de bien. Recherche plutôt les chemins de Dieu, car ils t’aideront à t’en sortir.
MICHAEL
On m’appelle Mike. J’ai 24 ans. Je suis né dans le Bronx, à New York City. Je vis au Guatemala depuis 3 ans.
A deux ans, mes parents ont déménagé à Yonkers, dans la périphérie de New York. J’ai donc grandi dans cette ville dans une famille, peut-être pas parfaite, mais suffisamment bien, avec la religion évangélique. Je pensais que Dieu était quelqu’un de réel, mais je n’ai pas voulu suivre ses pas parce que j’avais davantage foi en mes pêchés. Dans ma jeunesse, j’allais faire la fête, je buvais de l’alcool et je prenais des drogues. Ma vie a commencé à devenir difficile. J’avais du mal à vivre avec moi-même.
Mon rêve était de devenir architecte et j’ai donc commencé à étudier. J’étais très dépressif, même si j’avais tout : argent, maison, famille, voiture. Ma copine m’a quitté, ce qui n’a fait qu’empirer les choses. J’ai tenté de me remonter le moral en buvant et en fumant, mais cela n’était qu’illusion.
J’ai pensé que si cela était mon train de vie, je n’aurai pas une belle vie. Je voulais en sortir, mais je ne pouvais pas. Un jour, mon cousin m’a emmené à l’Eglise de Times Square. Je l’ai accompagné par respect à son invitation. C’est là que quelque chose s’est réellement passé dans ma vie. Jésus m’a offert son amour, malgré mes nombreux pêchés. Cette nuit-là, j’ai compris que le problème que j’avais, c’était moi-même et Dieu me l’a pardonné.
Depuis ce jour, je ne bois plus, je ne prends plus de drogues. Je n’ai plus envie d’aller faire la fête. C’est Jésus qui est entré dans ma vie et un jour je sais que je verrai Dieu. J’ai fait une année d’étude architecture, mais j’ai laissé tomber pour rentrer dans une école biblique. J’y ai appris la relation avec Dieu. Tout ce que je pouvais chercher dans le monde entier ne peut se comparer avec l’amour de Dieu. Je veux maintenant vivre pour lui et le partager avec plus de gens.
En 2005, mon école biblique m’a envoyé au Guatemala pour 6 mois pour partager la foi avec les personnes, l’aider et la servir. Je suis retourné aux Etats-Unis pour terminer mes études religieuses, puis je suis retourné au Guatemala pour travailler pour cette école en encadrant les jeunes venant pour 6 mois. J’aimerais rester vivre ici au Guatemala.
Je peux dire que je vis en paix, heureux et que je suis satisfait de l’œuvre que je réalise dans ma vie grâce à Jésus.
VICTOR
On m’appelle Acide ou le Kiko. Je suis né à la capitale du Guatemala. J’ai 35 ans et 5 enfants, mais tous de mère différente. Je n’ai pas de travail, car c’est très difficile d’en trouver pour moi à cause de mes antécédents.
A dix ans, j’ai commencé à traîner dans les rues et à connaître le monde. Mes parents se sont séparés et ils ne me voulaient plus avec eux. Au même moment, j’ai commencé à traîner avec les bandes, a boire, fumer, prendre de la cocaïne, du crack, des pilules et à toucher aux armes.
Je suis resté environ 25 ans dans la rue. On m’a pointé un pistolet sur la tempe plusieurs fois. J’ai des cicatrices sur tout le corps. Quand on commence à faire partie de bandes, à consommer et à vendre de la drogue, avoir le pouvoir, au début cela parait chouette. Il y a beaucoup de plaisirs : femmes, pouvoir, argent,…
Je ne me souviens plus de nombre de personnes que j’ai pu tuer. Je ne suis jamais allé en prison pour homicide, parce que mon travail a toujours été propre. J’ai tué beaucoup de racaille : ils voulaient toujours plus de territoire, et vu que je vendais de la drogue, cela ne me convenait pas.
Je suis tombé plus durement dans la drogue et je ne vivais plus en paix. Personne ne croyait en moi. Je dormais dans des abris de fortune. Je suis allé 5 fois en prison pour consommation de drogue ou vol.
Il y a cinq mois, un ami de l’Eglise m’a invité et j’y suis allé sans savoir ce qui allait passer dans ma vie. A partir de là, j’ai rencontré Dieu et il m’a aidé à changer petit à petit.
Maintenant je n’ai pas encore de travail, mais grâce à Dieu, mes enfants et moi-même pouvons manger. Il faut continuer à se battre. Grâce à Dieu, ma vie est en train de changer énormément et avec lui, tout est possible.
IIIer Foro Social de las Americas
Es un poco por casualidad que he encontrado este tercero Foro Social de las Américas en la Universidad San Carlos de la ciudad de Guatemala. Es un espacio donde se encuentran los diferentes pueblos del continente americano para debatir e intercambiar experiencias de luchas antes la globalización neoliberal y la unión de los pueblos discriminados. Después de 500 años de sumisión, esperamos encontrar alternativas durables para el derecho de los pueblos.
Las Mujeres
Les femmes avaient une place importante lors de ce forum. J’ai été agréablement surpris de rencontrer autant de mouvements féministes des différents pays d’Amérique Latine et de beaucoup de communautés indigènes différentes. Entre autres, elles dénonçaient la discrimination des femmes, les violences dont elles peuvent souffrir injustement, mais aussi des thèmes plus généraux comme le manque d’eau (car les sources ont été achetées par des entreprises étrangères) ou encore les pesticides utilisés pour les cultures (« il faut utiliser les méthodes de nos ancêtres et non être soumis à l’invasion des produits étrangers qui contiennent des produits chimiques mauvais pour la santé »).
Las mujeres tenían un lugar importante en este foro. Fue positivamente sorprendido de encontrar tantos movimientos feministas de varios países de América Latina y de varias comunidades indígenas. Entre otros, denunciaron la discriminación de las mujeres, las violencias de que sufren injustamente, pero también de temas más generales como la falta de agua (porque las fuentes de agua fueron compradas por empresas multinacionales) o también el uso de abonos químicos para las culturas (“hay que usar los métodos ancestrales y no comprar comida chatarra importada que contiene químicos que dañan a la salud”).
MOJOCA (MOvimiento de los JOvenes de la CAlle)
http://www.amistrada.net/
Pendant le forum, j’ai également rencontré une institution appelée MOJOCA qui aide les jeunes de la rue. Il s’agit d’un établissement autogéré. Ils aident les jeunes femmes enceintes dans une maison spéciale et les jeunes de la rue en général dans une autre maison dans le centre de la capitale. Ils leur donne un soutien psychologique, les aide à laisser de côté les drogues, à préserver leur santé, à retrouver des valeurs humaines et leur offrent une formation pour pouvoir se réinsérer (menuiserie, boulangerie, cuisine, couture,…). Les éducateurs étaient eux-mêmes dans la rue et aident ces jeunes en partageant leurs expériences. Ils vont aussi rechercher ces jeunes sur le trottoir ou dans des maisons abandonnées. Au Guatemala, la situation des jeunes de la rue est bien difficile. En général, le jeune quitte sa maison pour être frappé, violé, ou par manque d’attention. Dans la rue, il peut se joindre à des bandes, mais parfois, ils s’en font expulser. Il ne leur reste alors plus rien… Dans la rue, pour la société, ils ne sont plus rien. Ils sont également menacés par les escadrons de la mort qui « nettoient la vermine ». Beaucoup de jeunes se font donc exécuter comme des chiens par la police, l’armée ou encore des polices privées. On dit ensuite qu’ils ont été retrouvés morts tués par balle par une autre bande. Le délit ici, c’est d’être jeune et de trainer dans les rues…
J’aurais aimé prendre le temps d’aller dans cette maison, de rencontrer ces jeunes, d’aller avec les éducateurs à la rencontre des jeunes qui vivent dans la rue, mais le temps a manqué. Ce sera alors pour mon prochain voyage au Guatemala…
Durante el Foro, he encontrado una organización llamada MOJOCA que ayuda a los jóvenes de la calle. Es una casa autogestionada. Ayudan a las mujeres embarazadas en una casa especial y también a los jóvenes de la calle en general en otra casa ubicada en el centro de la capital. Les dan una ayuda psicológica, les ayuda a dejar las drogas, a preservar su salud, a encontrar valores humanos y les ofrecen una formación para poder insertarse en la sociedad (carpintería, panadería, cocina costura,..). Los educadores mismos vivieron un tiempo en la calle y ayudan a estos jóvenes compartiendo sus experiencias. Van también a buscar a los jóvenes en las calles y casas abandonadas para ofrecerlos los servicios de la casa. En Guatemala, la situación de los jóvenes de la calle está bien difícil. En general, dejan su casa por ser golpeados o violados o por falta de atención. En la calle, pueden juntarse a unas bandas, pero a veces ellos les pueden expulsar, así que no tienen nada más. En la calle, para la sociedad, no son nada. Son también amenazados por los escuadrones de la muerte que “limpian los barrios”. Muchos jóvenes están entonces ejecutados como perros por la policía, los militares o policía privada. Se dice que fueron matados por otras pandillas. El delito aquí, es de ser joven y de andar en las calles…
Me habría gustado ir a conocer esta casa, conocer a los jóvenes e ir con los educadores a encontrar a los jóvenes que viven en la calle, pero me falto tiempo. Sera para mi próximo viaje a Guatemala…
Solo me quedé unos dos días al Foto, lo que es muy poco, pero he logrado entender un poco más la situación de los pueblos indígenas y sus luchas desde 500 años. La Universidad San Carlos tiene un historia muy grande. Durante la guerra civil, al final de los 70 y principios de los 80, varios estudiantes fueron asesinados. Este se resiente en los frescos de los edificios y en los monumentos hechos por los estudiantes para que esta historia nunca se olvide…
jeudi 9 octobre 2008
Antigua Guatemala
Comme je le disais plus haut, la ville est pleine de ruines, non pas précolombiennes, mais baroques. Voic ci-dessous deux photos de l'ancienne cathédrale.
Como lo decia arriba, la ciudad es llena de ruinas, no prehispanicas, pero barocas. Pueden ver abajo dos fotos de la antigua catedral.
Voici maintenant le monastère de Santa Clara. Ahora el convento de Santa Clara.
Je suis également allé faire un tour au cimetierre, bien différent de celui de Panajachel car la grande majorité des tombes sont blanches.
Me fui a ver el cementerio que es muy diferente del de Panajachel porque la gran mayoria de las tombas son blancas.
On ne peut pas parler du Guatemala sans un mot sur ses bus multicolores. Je pense que ces vieux School Bus américains sont le moyen de transport national le plus rapide (rien à voir avec une voiture particulière!), mais aussi le plus dangereux. Les bus font la course entre eux pour pouvoir prendre en premier le passager qui lui fera signe de s'arrêter, ce qui crée au début de grandes frayeurs. Je suis maintenant habitué à ce rythme endiablé et j'aime entendre le moteur du vieux bus rugir et voir cette fumée noire asphyxiante sortir du pot d'échappement.
No se puede hablar de Guatemala sin una palabra sobre sus autobuses multicolores. Creo que estos antiguos School Bus norte-americanos son es medio de transporte nacional el mas rapido (nada que ver con un coche particular!), pero tambien el mas peligroso. Los buses hacen carreras entre ellos para poder pararse al proximo pasajero potencial, me que da al pricipio mucho miedo. Estoy ahora aconstumbrado a su velocidad loca y me encanta oir el ruido muy fuerte del motor acelerando y ver el humo asfixiante negro salir cuando aclera.
J'ai choisi de rester un peu plus longtemps au Guatemala pour pouvoir assister à une partie du IIIème Forum Social des Amériques où pendant une semaine la population exclue, à majorité indigène, prend la parole et tente de trouver des alternatives aux dérives de la mondialisation néolibérale. Demain, je vais avec un groupe d'américains évangéliques rencontrer deux anciens gangsters qui se sont reconvertis en prêtres et qui aident les jeunes à laisser de côté les drogues et l'alcool. Départ prévu pour le Salvador vendredi midi. J'ai préparé le terrain pour pouvoir rencontrer les Maras. Espérons que cela fonctionne, car je n'aurai du coup qu'une semaine...
He eligido quedarme una semana mas en Guatemala para poder asistir unos dos dias al IIero Foro Social de las Americas donde durante una semana, los pueblos excluidos, a mayoria indigena, intenta encontrar alternativas a los problemas ocasionados por la globalizacion neoliberal. Manana, me voy con un grupo de norte-americanos evangelicos a enconrar dos ex-pandilleros pesados que ahora ayudan a los jovenes de dejar las drogas y el alcohol. Me voy al Salvador este viernes para intentar encontrar a los Maras. Ya préparé el terreno y ojala me iré bien sin problema mayor, porque ya solo tendré una semana...
mercredi 8 octobre 2008
GUATEMALA et le Lac Atitlan
Ya dejé la tierra conocida de México para conocer Central América. Mi primer país traslado es entonces Guatemala. Más de la mitad de la población es de origen maya y se hablan cerca de 23 idiomas nativos. La guerra civil se acabo en 1996. Para simplificar, fue una revolución indígena que fue muy reprimida por el estado. Reclamaron sus tierras, pero lograron masacres por el ejército. Al lado de la carretera se puede ver inscripciones como “la tierra pertenece a los que la cultivan”. Este país es muy pobre y las personas que viven en zonas rurales tienen dificultades para sobrevivir. Según algunos campesinos que encontré, hay que hacer otra revolución. En 40 años de conflictos, lograron algunos derechos, pero todavía no está suficiente para tener una vida decente.
Je loge chez Rudy, rencontré par Hospitality Club, à San Lucas Sacatepéquez, entre Guatemala Ciudad et Antigua Guatemala. J’ai laissé mes affaires chez lui pour me rendre quelques jours au Lac Atitlan. On m’a conseillé d’aller là-bas pour rencontrer des communautés indigènes et profiter de paysages magnifiques, et c’était vrai ! J’avais un contact dans le Quiché, mais je n’ai pas réussi à le joindre. J’aurais aimé rester plus longtemps au Guatemala pour pouvoir découvrir et apprendre davantage, mais malheureusement mon temps en Amérique Centrale est trop limité… Mais au moins j’ai une bonne raison pour y retourner !
Rudy, encontrado por Hospitality Club, me hospeda durante el tiempo que me quedo en Guatemala. Vive entre Guatemala y Antigua en San Lucas Sacatepéquez. Dejé mis cosas en su casa para irme algunos días al Lago Atitlan. Me aconsejo ir allá para encontrar comunidades indígenas y disfrutar paisajes fabulosos, y es verdad! Tenía un contacto en el Quiché, pero no logré contactarlo. Me haría gustado quedarme más tiempo en Guatemala para descubrir, conocer y aprender más, pero mi tiempo en Central America es muy limitado… Pero es una buena razón para regresar!
El Lago Atitlan es parte del departamento de Sonola, que tiene 19 municipalidades. 96% de los habitantes son de origen maya y 85% de ellos viven en condiciones de extrema pobreza. Se dice que el Lago Atitlan es el más bello de todo el mundo, y creo que es verdad. Con sus 18 km de longitud y sus 3 volcanes grandes, la vista es fabulosa. El lago tiene 12 comunidades diferentes de costumbres diferentes. Los habitantes de un lado al otro del lago tienen dificultades para entenderse en sus idiomas nativos. El lago es entonces un lugar privilegiado para encontrar a comunidades indígenas. Desde la llegada del turismo, el español es mucho mas hablado y la gente es muy amable. No se esconde por tener pena de no hablar español. La última generación habla bien ingles para ofrecer sus servicios: lancha, ropas, hotel o drogas. Hace 20 años, las comunidades fueron muy aisladas del mundo. No había infraestructuras, ni escuelas y los niños fueron a trabajar desde que podían. Ahora está cambiando, aunque se ven todavía mucho niños trabajando. La gran mayoría de la población es muy pobre. Los turistas nacionales e internacionales construyen casas grandotas. Hay entonces una diferencia muy grande entre los locales y los turistas. Con el turismo, los jóvenes cambian de moda. Ya no se visten con sus ropas tradicionales, mezclan el cakchiquel con el español, escuchan música occidental. El idioma nativa se está perdiendo y la cultura también. Hay muchos problemas de alcoholismo, también con los jóvenes.
Arrivé à Panajachel, cœur du tourisme, je me suis renseigné où je pouvais rencontrer des communautés indigènes sans trop être embêtés par les touristes. On m’a conseillé Santa Catarina, à une demi-heure de marche de Panajachel. J’ai adoré. Tout le monde se dit bonjour et c’est vraiment très tranquille. En plus, vu que c’est la saison des pluies, c’est la basse saison pour le tourisme. J’ai pu rencontrer des jeunes et des moins jeunes, discuter avec eux, échanger. Je regrette juste de ne pas avoir emmené plus d’argent avec moi pour offrir des bonbons aux enfants ou inviter les jeunes de mon âge à manger. Mais je compte y retourner. Ici la vie est très tranquille. Vu qu’il pleuvait l’après-midi, je me levais à 6h du matin. J’allais me baigner dans le lac, profitait de l’eau thermale très chaude qui sortait de la roche, et c’était parti pour aller me balader, rencontrer les habitants, discuter et prendre des photos. Je vous laisse maintenant apprécier les photos prises pendant ces 4 jours fabuleux.
Cuando llegué a Panajachel, corazón del turismo, pregunté donde podía encontrar comunidades indígenas sin estar tanto molestado por los turistas. Me aconsejaron ir a Santa Catarina, a una media hora caminando de Panajachel. Me encanto. Todos se saludan y está realmente muy tranquilo. Ahora es la temporada de las lluvias, entonces es temporada baja para el turismo. He podido encontrar jóvenes y menos jóvenes, platicar, intercambiar. So quería traer más dinero para poder regalar dulces a los niños e invitar a los jóvenes que conocí a comer. Pero quiero regresar y es un hecho! La vida al lago está bien suave. Como que llevaba en la tarde, me levantaba a las 6. Me iba a bañar en el lago y aprovechar de las aguas termales bien calientes. Luego, ya me iba a pasear, encontrar a los habitantes, platicar y tomar fotos. Les dejo ahora para que puedan disfrutar las fotos que tomé durante estos 4 días fabulosos.
L'ouragan Stan a aussi fait des dégâts au lac comme nous le montre l'actuel lit de la rivière
BANDAS DEL LAGO
ANAJ’ai 20 ans. Je suis née à Santa Catarina et je vis maintenant à Panajachel qui est une ville plus grande et plus touristique. La zone du lac Atitlan fait partie de la région de Sonola au Guatemala. Je parle le Kakchiquel.
Je vends dans la rue des objets artisanaux que je fabrique : vêtements, bracelets, bijoux, ceintures… Je loue une chambre pour 25€ par mois. Ce n’est pas facile de vendre mes produits car il y a beaucoup de concurrence.
Je suis orpheline. J’ai vécu avec mes frères et sœurs. Je n’ai pas pu aller à l’école car il fallait que je travaille. J’ai commencé à tisser puis à vendre mon travail à partir de 8 ans. Dans dix ans, vu que j’ai commencé à vendre dans la rue, je doûte que ma situation change.

GIOVANI
Ici à santa Catarina, on m’appelle Rambo. Je suis d’origine maya et je parle le Kakchiquel. J’ai 22 ans et je suis célibataire. J’ai le temps avant de fonder une famille. Je veux profiter de ma jeunesse et avoir une situation stable.
Pendant mon enfance, je ne suis pas beaucoup allé à l’école. Mes parents étaient alcooliques et je devais travailler. A 15 ans, je me suis mis dans les bandes avec tout ce qui rime avec : drogue, délinquance, la vie folle quoi. Je suis allé travailler deux ans à la capitale et je viens de retourner vivre au lac.
Je suis maintenant bien plus tranquille. Je travaille en tant que soudeur à Panajachel. Je sais tout faire. Je veux aller vivre à Pana pour que ce soit plus facile pour travailler. Mais ici au Guatemala, c’est bien difficile de gagner sa vie. Au lac, grâce au tourisme, c’est plus facile de trouver de l’argent, bien qu’on soit obligés de se battre tous les jours.
Je veux une vie tranquille. Je ne veux plus côtoyer de bandes Je veux continuer à étudier pour pouvoir trouver un meilleur travail. Je voudrais aussi voyager, mais je n’ai pas assez d’argent. Je n’ai jamais vu la mer. Le problème, c’est qu’ici on ne peut que survivre et je voudrais que cette situation change.

JEREMIAS ET JUAN MANUEL
Nous avons huit ans et nous vivons à Santa Catarina. Nous allons en haut de la montagne pour aller travailler aux champs de notre grand-père. Nous travaillons en haut toute la semaine et nous redescendons le dimanche pour nous reposer. Nous cultivons des fleurs et des légumes, comme des tomates ou des oignons. Nous n’allons pas à l’école. Nous apprenons à travailler pour quand nous serons plus grands.
Jeremias : j’ai 7 frères et 2 sœurs. Ma mère fait de l’artisanat et mon père travaille aux Etats-Unis.
Juan Manuel : j’ai 5 frères et 2 sœurs. Mes parents sont en Espagne depuis janvier pour travailler.
NORBERTOIci, on l’appelle la Tortue. J’ai 27 ans. Je suis né à San Antonio Palopo au lac Atitlan et maintenant j’habite à Santa Catarina. J’avais une femme, mais nous nous sommes séparés parce que je buvais trop. Nous avons deux filles de 4 et un an.
Dans ma jeunesse, j’ai beaucoup souffert. Ma mère s’est mariée avec un autre homme et j’ai grandi avec ma grand-mère. Elle n’avait pas beaucoup d’argent et n’a pu m’offrir que deux ans de scolarité.
J’ai deux demi-frères du côté de mon père. Ils étudient en Russie. Je ne comprends pas pourquoi mon père m’a abandonné.
Avec mon oncle, j’ai appris un tas de chose, comme à faire des vêtements ou cultiver la terre. Je suis allé clandestinement aux Etats-Unis à 26 ans pour travailler aux champs. J’y suis resté un an jusqu’à ce que la Migration me renvoie dans mon pays. J’y suis allé par pauvreté, mais ce n’est vraiment pas évident…
J’aime pêcher et faire du sport comme le foot.
Il faut aller en avant pour ne pas souffrir et se battre pour avoir une vie meilleure. Je veux arrêter l’alcool avec cette addiction, on perd tout.
OSBINMon surnom est José. J’ai dix ans. J’ai trois frères et deux sœurs. Nous habitons à Santa Catarina. Mon père sème des fleurs et des légumes en haut de la montagne et ma mère travaille à la maison. Dans ma famille, on parle le cakchiquel qui est la langue qui a depuis toujours été parlée ici. Je vais au collège. J’aime l’école et surtout les langues et les maths. Quand je serai plus grand, j’aimerais être maçon. Pendant mon temps libre, j’aime jouer au foot et travailler aux champs.