mercredi 15 février 2012

Mon réveillon dans le Nord du Mexique

Le voyage a été long, très long, depuis la côte pacifique jusqu’au Nord du Mexique ! Je suis parti de la paisible petite ville ensoleillée de Sayulita le vendredi 30 décembre dans l’après-midi pour passer rapidement par San Luis Potosi le lendemain matin et continuer dans la foulée le voyage jusque dans le nord dans l’état de Caohuila.

Le passage à l’an 2012 s’est fait dans le bus, endormi… Je suis arrivé à S. à 1h du matin.

Vu que je ne voyais personne, je suis allé acheter une carte téléphonique pour appeler mon ami. Et c’est à ce moment que je le vis arriver avec son oncle, avec un chapeau de cow-boy, dans un méga pick-up qui ressemble plus à un camion qu’à un véhicule personnel.

A peine monté dans la cabine, l’oncle sorti un gros sac de cocaïne. Nous avons croisé des policiers et il les invita à sniffer un peu. Nous étions au milieu de la route et vu que les deux policiers n’avaient rien pour respirer cette poudre blanche, il coupa le moteur pour leur prêter sa clé…

En conduisant, il me dit qu’il est ici le maître de la cocaïne. Il est le chef de la ville, même le maire est inférieur à lui. Après s’être arrêté dans deux maisons pour souhaiter la bonne année et boire quelques bières, nous avons déposé mes sacs  chez lui. Une grande maison, certes plus petite que sa prochaine encore en travaux, avec à l’arrière plusieurs voitures prestigieuses. La Range Rover modèle sport paraissait être une mini-voiture à côté des autres véhicules… Impressionnant…

Puis l’oncle nous emmena au bar retrouver les cousins et cousines de mon ami. Nous avions tout l’étage pour nous, avec boissons à volonté. Deux gardes du corps veillaient sur nous. Au bout d’une heure ou deux, le fils de l’oncle se mis à chercher des problèmes. Plusieurs cousins de mon ami se mirent à taper sur deux gars, qui au final étaient des « Zetillas » (des petits Zetas, le cartel qui contrôle la zone). Je regardais la scène d’en haut, se sachant trop quoi penser… Nous sommes dans le nord, les pistolets peuvent vite sortir et les têtes se couper rapidement… La famille décida de larguer les amarres. Nous sommes tous montés dans le grand pick-up, mon ami et moi à l’arrière dans la caisse. Sur la route, je croisais les doigts pour que tout se passe bien. Car même si j’étais avec la famille la plus respectée de la ville, rien n’empêche de croiser un barrage de l’armée, qui reconnaissant certaines personnes, n’hésite pas à faire carnage…
Alors que tout le monde allait se coucher, mon ami et moi avons continué à célébrer la nouvelle année dans un autre quartier plus populaire au coin du feu.

Au Mexique, le 1er de l’an se fête d’abord en famille, puis se termine jusqu’à l’aube avec les amis. On fait péter des pétards et des feux d’artifices un peu partout. Le lendemain se passe aussi en famille et on mange à longueur de journée.

Le 2 janvier à 5 heures du matin, j’ai pris la route vers les Etats-Unis avec la famille américaine de mon ami. Après une heure sur le pont de Piedras Negras – Eagle Pass, la douane américaine tamponne mon passeport et c’est parti pour San Antonio…
Je pense rester à San Antonio jusqu’à demain, puis continuer le voyage vers le nord en passant par Austin pour arriver à Dallas ce week-end. Il me restera deux semaines dans cette ville pour découvrir les quartiers latinos et afros avant de rentrer en France le 25 janvier.

Ici, c’est bien différent du Mexique, ne serait-ce déjà que pour se déplacer en ville. Il faut que je trouve mes repères et que je me fasse rapidement à la vie texane pour pouvoir ramener en France quelques clichés intéressants.

J’espère que vous avez passé de bonnes fêtes de fin d’année. Je vous dis à bientôt par internet pour la suite des aventures à Dallas avant de se revoir à mon retour en France. D’ici là, je vous souhaite à toutes et à tous une excellente année 2012, riche en projets et en épanouissement personnel.


A bientôt

Et bonne année 2012,

Jean-Félix

jeudi 5 janvier 2012

Sayulita, Pacifique




Juste après Noël, j’ai décidé de faire un break avant de monter vers le nord et le froid. Sur un coup de folie, j’ai décidé de partir dans l’état de Nayarit sur la côte Pacifique. 
J’ai un peu mal évalué les distances puisque j’ai mis à l’aller plus de 15 heures de bus… 

Dans mes photos, je montre beaucoup les quartiers populaires, mais il ne faut pas oublier qu’au Mexique, il existe aussi des petits coins de paradis, où la vie est paisible et sans risque, des coins où mexicains et citoyens du monde entier se rencontrent dans une ambiance tranquille.




Sayulita fait partie de ces petits coins, une petite ville à une heure au nord de Puerto Vallarta où l'on peut aussi trouver des plages sans personne. Bref trois jours de bonheur pour recharger les batteries avant la deuxième partie du voyage et le retour en France fin janvier dans le froid hivernal.








Le 2 janvier à 5 heures du matin, j’ai pris la route vers les Etats-Unis avec la famille américaine d'un des mes amis. Après une heure sur le pont de Piedras Negras – Eagle Pass, la douane américaine tamponne mon passeport et c’est parti pour San Antonio…





Je pense rester à San Antonio jusqu’à demain, puis continuer le voyage vers le nord en passant par Austin pour arriver à Dallas ce week-end. Il me restera deux semaines dans cette ville pour découvrir les quartiers latinos et afros avant de rentrer en France le 25 janvier.

Ici, c’est bien différent du Mexique, ne serait-ce déjà que pour se déplacer en ville. Il faut que je trouve mes repères et que je me fasse rapidement à la vie texane pour pouvoir ramener en France quelques clichés intéressants.

J’espère que vous avez passé de bonnes fêtes de fin d’année. Je vous dis à bientôt par internet pour la suite des aventures à Dallas avant de se revoir à mon retour en France. D’ici là, je vous souhaite à toutes et à tous une excellente année 2012, riche en projets et en épanouissement personnel.

A bientôt
Et bonne année 2012,

Jean-Félix


Coup de fil à Allo la Planète sur LeMouv' le 4 janvier !

Adios Pavon


Après 3 semaines passées dans le quartier de Pavon, ainsi qu’avec les Tropilocos dans le centre-ville, cela fait toujours un pincement au cœur de repartir après si peu de temps.





Je tiens sincèrement à remercier tout le quartier pour leur générosité et leur hospitalité. C’est vraiment une sensation unique pour moi lorsque je me balade de place en place et que sur chaque place, il y a toujours quelqu’un pour me dire « ven Francès ! ». J’espère pouvoir y retourner très bientôt !



Y a los Mexicanos que van a leer este blog, les queria agradecer por todo lo que me dieron aqui. Aqui me regalaron cosas que no se pueden comprar, cosas que a veces ni en Francia se encuentran. Les quiero agradecer por sur generositad, su amistad, su hermandad. Gracias a tod@s ustedes! Y espero poder regresar pronto !


Cantando

Brandon

Con El Bimbo


El Flexo


El Mexica

El Plop

El Rio Santiago en construccion

El Soplas de la Clika

El Triste




La Clika

Los Esquineros

Los Monjes


Mexica cantando

Monitos lokitos



  


Noël à Pavon


Je suis finalement resté au quartier pour fêter Noël. Dès 18h, j’ai commencé à me balader de place en place, pour donner quelques photos et discuter.

Ici, comme en France, Noël se fête en famille, mais à partir de minuit, tout le monde sort dans la rue pour faire péter pétards et feux d’artifices. On sort le son sur la place, on boit, on chante, on crie, on danse. C’est vraiment une grosse fête !






A l’heure du repas, on m’a invité à un barbecue qui se faisait en bas de l’immeuble où se trouve également le « point de vente ». 




Puis j’ai continué la tournée et là encore, de place en place, on m’invitait, on insistait pour que je reste, que je mange, que je boive des bières. Un accueil incroyablement chaleureux dans ce quartier si mal réputé, mais un quartier où tout le monde m’adore et où je me sens si bien.





Tout le monde commence à sortir dans les rues à partir de minuit. Et là, la grande fête commence et dure jusqu’à l’aube. Et le lendemain, dès le réveil, on remet ça !









L'exposition à Pavon


Après avoir réalisé de nombreuses photos lors de la fête de la Vierge de Guadalupe les 11 et 12 décembre, de nombreux habitants du quartier me demandaient quand est-ce que j’allais refaire une exposition sur la place du marché. Ce n’était pas prévu au programme, mais à voir l’enthousiasme des habitants et surtout des jeunes, les photos ont été présentées sur la place du marché le lundi 19 décembre.






Ce sont surtout les bandes qui sont venues, ainsi que leurs parents qui venaient faire des courses. Il n’y a heureusement pas eu d’accrochage entre les bandes, mais le vent soufflait fort et les photos finissaient par s’envoler. L’exposition qui devait durer toute la journée a dû être décrochée au bout de trois heures, mais une centaine de personnes en ont profité.




Les habitants ont pu découvrir quelques photos du quartier nantais de Malakoff et du projet Couffkoff, mais ils ont surtout accroché avec les photos prises dans tout le quartier. Les jeunes me « harcèlent » pour que je mette encore plus de photos du quartier sur Facebook (Peff Feliz), comme quoi les réseaux sociaux peuvent aussi être des espaces d’exposition en ligne !




Pour les jeunes du quartier, il n’est pas commun de voir des photos prises sur d’autres places du barrio, car pour beaucoup d’entre eux il est fondamentalement interdit d’approcher ces autres places.



La prochaine fois, je pense qu’il sera plus pertinent de faire une exposition par place, soit au moins dans deux endroits différents, pour que les jeunes puissent venir regarder les photos en toute sécurité et pour moi passer un évènement festif,  en soirée avec eux, tout en projetant des photos.

En soirée, nous avons projeté des photos de France ainsi que les documentaires Barrio Foto et Los Tropilocos aux participants de l’atelier photo et à leurs parents.  La projection s’est faite en extérieur, devant la maison où nous logions, en petit comité. Il en est ressorti que même la version censurée de Barrio Foto ne pourrait pas être diffusée de manière officielle ici à San Luis, notamment pour la sécurité del Bimbo qui raconte certes la vérité, mais une vérité qui dérange beaucoup…




Ici au Mexique, le thème des cartels est très tabou. On ne prononce même pas le mot cartel ou narco, ni le nom de leur groupe (comme les Zetas par exemple), mais simplement à voix basse « los malos » (les mauvais). Il est donc clair qu’un documentaire dénonciateur comme  Barrio Foto ne pourrait que faire une mauvaise vague…

La présentation de photos de France (quartier de Malakoff à Nantes, projet Couffkoff), de manière officielle lors de l’expo et de la projection, ou de manière informelle avec les bandes, a permis de sensibiliser certaines personnes à un projet d’échange entre des jeunes Français et Mexicains. 
Côté sécurité, il n’y a pas de problème si chacun veille à ne rien faire d’illégal. Nous avons rencontré des personnes à San Luis qui pourraient également nous donner un coup de main. Nous verrons donc au retour en France comment il sera possible de mettre en marche un projet si ambitieux…

La Secretaria de Cultura de San Luis Potosi est également intéressée par ce projet d’échange. La thématique des quartiers populaires lui tient à cœur et jusqu’à présent, aucun travail n’a été réalisé sur les quartiers de San Luis. Ils seraient également intéressés pour produire un livre de mon travail photographique. Il conviendrait donc de revenir vivre un petit moment à San Luis…

Jean-Félix

mercredi 21 décembre 2011

Cérémonie à la Vierge de Guadalupe


EL SANCTUARIO

L’église del Sanctuario est celle où se célèbre la Vierge de Guadalupe à San Luis Potosi. Des pèlerins venus de tous les quartiers de la ville viennent s’y rendre pour rendre hommage à leur vierge. 


Certains n’hésitent pas à faire l’avenue sur les genoux. La Croix Rouge est à l’entrée de l’église pour aider ces pèlerins à bout de force.





A l'intérieur de l'église...






La Vierge de Guadalupe



La Vierge de Guadalupe serait apparue une première fois le 9 décembre 1531 à un indigène récemment baptisé nommé Juan Diego Cuauhtlatoatzin, sur la colline de Tepeyac, un peu au nord de Mexico. Elle le chargea demander à l’évêque de construire une église sur le lieu même de l’apparition.




Elle apparu une quatrième et dernière fois à Juan Diego le 12 décembre et l’envoya cueillir des roses au sommet de la colline. L’homme est redescendu avec sa tilma - manteau - remplie des plus belles roses qu’il n’ait jamais vues en plein hiver !
Sous l’injonction de la Vierge, il retourna alors chez l’évêque, ouvra son manteau devant les personnes réunies autour du prélat. Tous furent stupéfaits de voir à cet instant s’imprimer miraculeusement sur la tilma une image représentant la Vierge, revêtue d’un manteau couvert d’or. Quelque temps plus tard, les Espagnols lui dédièrent un sanctuaire sur la colline de Tepeyac.



La Virgen de Guadalupe est une figure catholique majeure du continent américain. Elle porte plusieurs titres : patronne de la ville de Mexico depuis 1737, patronne du Mexique depuis 1895, Reine du Mexique et Impératrice des Amériques depuis l’an 2000 (Jean-Paul II), patronne de l’Amérique latine, patronne de la ville de Ponce à Porto Rico et patronne des étudiants du Pérou depuis 1951 (Pie XII).




Elle est vénérée dans de nombreux foyers et quelque quatorze millions de pèlerins se rendent tous les ans à la Basilique Notre-Dame de Guadalupe de Mexico.



Jean-Félix